RSS

Le village (2)

20 mar

Le soleil commençait à rougeoyer dans l’azur naissant lorsque j’arrivais dans un village. La voiture avait choisi le bon moment pour réclamer sa boisson ; je m’engageais dans une station-service à l’entrée du village, qui, à dire vrai, avait d’avantage la taille d’une petite ville que d’une pauvre bourgade. Mais, l’atmosphère m’avait amené à définir ce lieu comme tel. En sortant de l’auto, je sentis un vif air marin – j’avais refermé la capote au cours de la nuit. A n’en pas douter, l’océan était proche. L’idée d’aller le voir, d’aller le toucher, le ressentir m’avait traversé l’esprit après avoir pris le départ. Ma dernière expérience avec lui remontait à mon adolescence, et je n’en avais pas un merveilleux souvenir. Je voulais donc vérifier si le problème venait de mon jeune âge, ou si j’étais définitivement voué à ne pas apprécier cet élément.

Après que le pompiste eut fini d’abreuver ma machine, et une pause inverse pour moi, je décidais donc naturellement de passer quelques jours dans les environs. Rien ne pressait, rien ne m’obligeait à avaler la route goulument comme je l’avais fait depuis deux jours. Je démarrais donc, sans demander mon reste à l’homme peu bavard, en direction du centre du village, où j’espérais trouver un panneau m’indiquant la direction à prendre pour filer à la rencontre de l’eau. Mais, c’était sans compter sur la nonchalance des responsables municipaux locaux ; rien, absolument rien. Certes, la taille du patelin n’exigeait peut-être pas une signalisation détaillée, mais pour les gens de passage, un effort aurait pu être fait. Cependant, plus fort que ma mauvaise humeur naissante, j’étais décidé à rester jovial. Je prenais une route au hasard, ou plutôt, je me dirigeais là où mon instinct voulait m’amener. Par chance, ce dernier m’avait encore une fois chuchoté un bon conseil, et après être sorti du village par un autre côté, je descendais la route en lacets pour arriver à une plage étonnamment belle pour les alentours. Il ne semblait pas que les habitants fussent des personnes à bronzer toute la journée, donc je ne m’attendais pas à trouver une si belle crique. La falaise, abrupte, à ma droite, dominait la plage et l’océan. De légères volutes de fumées s’échappaient par-dessus, mais je ne m’y attardais pas. Ma gauche avait un peu plus d’espace, mais la terre revenait rapidement en un croissant de lune. Ainsi fait, avec l’océan à perte de vue, mais entouré de la terre, je pensais pouvoir apprécier à leurs justes valeurs les qualités qu’on conférait à ce vieux briscard. Je taisais le ronronnement de l’engin, et m’asseyais lourdement sur le sable.

 

 
Leave a comment

Publié par le 20 mars 2011 dans Quelques nouvelles

 

Mots-clefs : , , ,

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.